Q-Tip - Renaissance Rap Q-Tip - Renaissance Rap *** Avec The Renaissance, Q-Tip renaît de ses cendres Hip-hop. (More)Q-Tip - Renaissance Rap *** Avec The Renaissance, Q-Tip renaît de ses cendres Hip-hop. L'ex-voix de A Tribe Called Quest rebondit en solo après un parcours sinueux. Il étale enfin toute l'étendue de sa classe tant au rap qu'à la composition. Getting Up Il aura fallu l'élection de Barack Obama pour que Q-Tip perce enfin en solo. L'arrivée du premier président noir des États-Unis a servi de prétexte au petit génie new-yorkais pour sortir The Renaissance. Le bien nommé. Car, depuis une petite dizaine d'années, Q-Tip s'était habitué à porter le costume de l'artiste maudit. Au grand dam de ses fans, fins connaisseurs. Q-Tip, Jonathan Davis de son vrai nom, a rencontré succès et renommé en montant, il y a presque 20 ans, le mythique A Tribe Called Quest. L'autre face d'une même pièce sur laquelle on retrouvait De La Soul, côté pile. Boucle funky, rap chantant, humour... Le trio se construit une marque de fabrique. Q-Tip, lui, se reconnaît entre mille avec sa petite voix nasillarde, fluette, sautillante et harmonique. À tel point qu'il s'essaie à d'autres expériences: avec Dee Lite (le tube psyché Groove is in the Heart) et Janet Jackson (le suave Got Til It's Gone). En 1998, la fin des A Tribe Called Quest marque le début d'une longue traversée du désert. Si Amplified, premier album solo en 1999, semble annoncer des lendemains qui sourient, l'excellent Kamaal The Abstract, réalisé en 2002, ne verra jamais le jour, malgré une récente pétition en ligne. The Renaissance marque la fin de la malédiction. Annoncé par un Live at The Renaissance qui n'a rien d'un concert, il présente l'artiste dans toute sa quintessence. Q-Tip y distille sa bonne parole. Et Obama dans tout ça? Invité à apparaître sur l'album, il a décliné. Il n'en demeure pas moins une ode au candidat, dans Gettin'Up. Q-Tip se promène, s'amuse de son débit, de sa diction qu'il utilise à la mitraillette pour énumérer une longue liste de noms de figures du rap américain. Aux manettes musicales, il produit un album aux relents funk-soul, au son moelleux mais pas fade, parfois dynamisé par des musiciens. Impossible de résister au trépidant Manwomanboogie, par exemple. Une délicieuse recette sortie d'un vieux grimoire qui fleure bon l'époque de A Tribe Called Quest ou du défunt Jay Dee, qui signe un morceau à titre posthume. Les cadors de la nu-soul Raphael Saadiq et D'Angelo prêtent leurs voix à cet effort. Tout comme la petite reine du jazz, Norah Jones. Le résultat intemporel reste à la portée de toutes les oreilles. (Less)