Défilé de mode à la prison de fresnes De la pénombre d'une cellule à la lumière d'un défilé (More)De la pénombre d'une cellule à la lumière d'un défilé de mode. Derrière les barreaux d'une salle de la maison d'arrêt des femmes de Fresnes (Val-de-Marne), treize jeunes détenues volontaires s'affairent autour des machines à coudre. Vêtues de jogging pour la plupart, elles découpent, décorent et assemblent des tissus multicolores qui prennent progressivement l'allure de «robes de princesse». Nombre d'entre elles n'ont jamais tenu une aiguille. Nathalie Léon, chorégraphe et animatrice de l'atelier D-tenues, est là pour les guider. «C'est la nouvelle styliste de Fresnes, s'amuse Yasmine*, émerveillée devant son modèle à paillettes roses. Grâce à elle, on va monter les marches de Cannes.» Rire général. A côté d'elle, Agnès* passe méthodiquement une aiguille dans du tulle vert, pour coudre sa jupe. «Dans la cellule, on est cloîtrées. Ici, j'oublie que je suis en prison, explique-t-elle. En dessinant, j'ai pensé à l'Afrique, à sa verdure, à sa sécheresse.» Ciseaux et aiguilles en prison De ces jeunes femmes, Nathalie Léon ne sait rien. Elle souhaite juste leur «rendre un peu de féminité», mise de côté à leur entrée en prison, et susciter des vocations. C'est en effet pour préparer au mieux la sortie des personnes incarcérées que le service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip) a lancé l'atelier il y a trois ans. Avec toutes les difficultés que cela comporte de faire entrer des paires de ciseaux et des aiguilles en prison. « C'est un sacré engagement de la part de la directio», concède Claude Charamathieu, directeur du Spip 94. (Less)